Un zoom à f/2 constant. Sur capteur plein format.
Le Sigma 24-35mm f/2 DG HSM Art. La question, c’est celle que tout photographe de terrain finit par se poser un jour, est-ce qu’il existe un zoom qui donne vraiment ce que donnent les focales fixes en termes de lumière ? Pendant des années, la réponse honnête était non. Et puis en 2015, Sigma a sorti cet objectif. Et la réponse a changé.
Ce que f/2 constant veut vraiment dire
On entend souvent des chiffres dans ce milieu sans vraiment les mesurer. f/2, ça paraît proche de f/2.8. En pratique, c’est presque un stop de lumière en plus. Un stop, en concert ou dans une salle mal éclairée, ça se traduit par un ISO divisé par deux. Ça veut dire moins de grain, plus de latitude, une image plus propre. Ça veut dire qu’on reste à 3200 ISO là où on aurait basculé à 6400. Sur un R5, R6, ou un 5d iv, c’est déjà très bien. Mais sur le terrain, quand la lumière tourne mal, chaque stop compte. Ce que Sigma a réussi avec ce 24-35mm, c’est de maintenir ce f/2 sur toute la plage focale, sans tricher, sans compromis progressif. À 24mm comme à 35mm, vous êtes à f/2. C’est la première fois dans l’histoire de la photo qu’un zoom grand-angle plein format tenait cette promesse. Ce n’est pas un argument marketing. C’est une rupture technique.
La qualité optique, la gamme Art ne ment pas
Sigma a fondé sa ligne Art sur un principe simple. la résolution maximale, sans concession. Et ça se voit dès la première image. A f/2, le piqué au centre est d’un niveau que beaucoup de zooms Canon L n’atteignent qu’à f/4 ou f/5.6. Les bords sont légèrement en retrait à 24mm pleine ouverture, mais ils se rattrapent rapidement dès f/2.8. Le contraste est élevé, les microcontrastes sont présents, les textures, une peau, un tissu, un mur de béton, ont ce relief qu’on ne trouve habituellement que chez les bonnes focales fixes. Les aberrations chromatiques sont bien tenues pour un zoom à f/2. Le vignetage à pleine ouverture est présent mais naturel, pas agressif. En deux coups de curseur dans Lightroom, darktable c’est corrigé. Ce qui m’a frappé au premier essai, c’est le rendu à 35mm. À cette focale, à f/2, avec une distance de mise au point raisonnable, l’objectif produit un bokeh que je n’attendais pas d’un zoom. Les hautes lumières défoculisées sont rondes, propres, sans les artefacts en forme d’oignon qui gâchent souvent les images des zooms lumineux. C’est un rendu qui flatte le sujet sans en faire trop.
En photo de rue et en festival
C’est là que cet objectif prend tout son sens. Quand on travaille sur un festival ou un concert, on jongle en permanence entre deux besoins : l’amplitude pour embrasser une scène, et le resserrement pour aller chercher un visage, une main sur une guitare, une expression dans la foule. Avec un seul objectif sur le boîtier, ça voulait toujours dire un compromis. Soit on emportait deux focales fixes et on changeait en cours de route — et on ratait des moments. Soit on mettait un 24-70mm f/2.8 et on perdait du light. Le 24-35mm f/2 règle ce problème différemment. La plage focale est réduite, c’est assumé. Mais dans cette plage, vous avez les deux focales les plus utiles pour le documentaire et le reportage. À 24mm, on raconte le contexte. À 35mm, on entre dans l’histoire. Et dans les deux cas, vous êtes à f/2. Sans compromis.
En street photo
c’est le même raisonnement. La discrétion vient du gabarit pas le plus compact des objectifs, on y reviendra, mais la réactivité est là. La mise au point est rapide, le moteur est silencieux. Sur un R5 ou un R6 via la bague e EF-EOS R, également les 5D monture ef, l’autofocus fonctionne bien, la stabilisation IBIS du boîtier (sauf les 5d, pas de stabilisation) prend le relais et compense efficacement l’absence de stabilisation dans l’objectif. Le poids, parlons-en franchement 940 grammes. Ce chiffre, il faut le regarder en face avant d’acheter. C’est lourd. Pas rédhibitoire, mais lourd. Après une longue journée de festival ou une session street de quatre heures, ça se fait sentir. Couplé à un R5, qui n’est pas le plus léger des hybrides, on arrive à un ensemble d’un kilo et demi facilement. Ça se porte, ça se gère, mais il faut l’accepter.
Là où certains choisiront de s’adapter, une bonne sangle en bandoulière, un sac bien équilibré, d’autres trouveront ce format trop imposant pour leur style de travail. C’est une question honnête à se poser avant l’achat. Si vous tournez principalement en studio ou dans des conditions maîtrisées, le poids ne sera pas un obstacle. Si vous êtes du genre à marcher six heures dans une ville étrangère avec un seul sac, préparez votre épaule.
Par rapport à un Canon L de la même plage
La question, pourquoi acheter un Sigma plutôt qu’un Canon L sur une monture Canon ? La réponse est dans les chiffres et dans les faits. Il n’existe pas de zoom Canon L 24-35mm f/2. Il n’en a jamais existé. Le choix le plus proche côté Canon, c’est le 24-70mm f/2.8 L II, excellent objectif, bien plus polyvalent, mais qui s’arrête à f/2.8 et pèse plus de 800g pour un prix bien supérieur.
Le Sigma s’installe là où Canon n’a pas voulu aller. Ce n’est pas une question de qualité optique, c’est une question de positionnement et de lumière. Et pour ceux qui ont besoin de ce f/2 précisément, il n’y a pas d’alternative directe.
Sur le plan de la construction, le Sigma Art n’a rien à envier. Le barillet est solide, la bague de zoom a une belle résistance, les finitions sont sérieuses. Ce n’est pas du Canon L, pas de joint d’étanchéité, mais c’est un objectif professionnel à tous les égards.
Pour qui, concrètement ?
Pour le photographe qui travaille en lumière difficile et qui refuse de monter au-delà d’un certain seuil ISO. Pour celui qui couvre des concerts, des mariages, des soirées, des festivals en intérieur. Pour celui qui veut l’équivalent de deux focales fixes dans un seul objectif, avec la continuité de vue que ça implique pas de changement de boîtier, pas de moment raté.
Ce n’est pas un objectif pour tout le monde. La plage 24-35mm est plus limitée qu’un 24-70mm, et ça se ressent. Mais dans cette fenêtre, il fait des choses qu’aucun zoom ne fait aussi bien. Et f/2, c’est f/2. Sur un plein format, ça reste une promesse sérieuse.
Les meilleurs objectifs sont rarement ceux qu’on attend. Celui-là, je ne l’attendais pas. Il m’a convaincu au bout d’une journée de travail.
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