Chaque marque d’appareil photo a sa propre façon de voir les couleurs. Mais ce que beaucoup de gens ne réalisent pas, c’est que cette différence change énormément selon qu’on shoote en JPEG ou en RAW. Le JPEG, c’est la vision de la marque. Le RAW, c’est la matière brute. Et les deux ne racontent pas la même histoire.

CANON

En JPEG, Canon est difficile à battre pour les tons chair. Les peaux sortent chaudes, légèrement dorées ou rosées, toujours flatteuses. Les rouges sont profonds sans virer au orange, les blancs sont propres. Le profil « Portrait » fait un travail remarquable sans qu’on ait besoin de toucher à quoi que ce soit. Le profil « Standard » est déjà très agréable pour un usage direct. Les ciels bleus sont beaux mais pas aussi claquants que chez Fujifilm. Les verts sont parfois un peu ternes comparés à Nikon. Mais globalement, le JPEG Canon est prêt à être livré ou posté tel quel. C’est sa grande force.

Concert
Concert Festival

En RAW, Canon offre un fichier propre avec une bonne latitude de correction. Les hautes lumières se récupèrent correctement, les ombres remontent sans trop de bruit sur les capteurs récents comme le R5 ou le R6 II. Par contre, le RAW Canon est moins « élastique » que celui de Sony ou Nikon dans les extrêmes. On a un peu moins de marge dans les sous-expositions. La colorimétrie de base du RAW est fidèle au JPEG, ce qui facilite le travail : on part d’une bonne base et on ajuste. Pas besoin de tout reconstruire.

SONY

En JPEG, Sony a longtemps traîné une mauvaise réputation. Les tons chair viraient au jaune-vert, les couleurs manquaient de vie. Depuis les A7 IV, A7R V et A7C II, c’est beaucoup mieux. Le mode « Creative Look » avec le profil ST (Standard) donne un rendu plus chaud et plus naturel qu’avant. Mais soyons honnêtes : le JPEG Sony reste en dessous de Canon et Fujifilm en termes de plaisir immédiat. Les couleurs sont justes mais un peu sages. Il manque ce petit truc en plus qui fait qu’on tombe amoureux de l’image dès l’écran arrière.

En RAW, c’est là que Sony prend sa revanche. Le fichier RAW Sony est une bête. La dynamique est énorme, surtout sur les capteurs BSI comme ceux du A7 IV ou A7R V. On peut remonter les ombres de trois ou quatre stops sans voir apparaître de bruit disgracieux. Les hautes lumières tiennent bien aussi. C’est le terrain de jeu idéal pour les photographes qui aiment passer du temps dans Lightroom ou Capture One. Les couleurs de base du RAW sont neutres, presque plates, mais c’est justement ce qui donne toute la liberté pour aller où on veut en post-traitement.

NIKON

En JPEG, Nikon propose un rendu très fidèle à la réalité. Les couleurs sont justes, équilibrées, sans excès. Les jaunes et les verts sont particulièrement réussis, ce qui rend les paysages magnifiques dès la prise de vue. Les tons chair sont honnêtes, peut-être un poil moins chaleureux que chez Canon, mais jamais faux. Le profil « Standard » est sobre et efficace. Le profil « Vivid » ajoute de la saturation sans tomber dans le criard. Nikon ne cherche pas à embellir la scène, il la restitue telle qu’elle est. C’est un choix assumé qui plaît beaucoup aux photojournalistes et aux photographes de nature.

En RAW, Nikon joue dans la cour des grands. Les fichiers du Z8 et du Z9 ont une dynamique impressionnante, comparable à Sony. Les ombres se récupèrent très bien, le bruit reste contenu. La colorimétrie du RAW est proche du JPEG, ce qui rend la transition naturelle. On part d’une image déjà bien équilibrée et on peaufine. Les fichiers Nikon se comportent particulièrement bien dans Capture One, où les couleurs prennent une belle densité. En Lightroom aussi, le rendu est solide. Nikon offre un excellent compromis entre un JPEG utilisable immédiatement et un RAW très malléable.

FUJIFILM

En JPEG, Fujifilm est le roi incontesté. Personne ne fait mieux en JPEG direct. La raison, ce sont les simulations de film héritées de décennies de fabrication de pellicules. Classic Chrome donne un look photojournalisme vintage avec des couleurs désaturées et des tons chauds magnifiques. Provia est le profil naturel par défaut, fidèle et agréable. Velvia claque avec une saturation poussée et des ciels d’un bleu profond. Astia adoucit tout pour du portrait. Pro Neg Hi donne du contraste sans forcer. Et puis il y a Eterna, pensé pour la vidéo mais superbe en photo pour un rendu cinématographique doux. Beaucoup de photographes Fujifilm ne shootent qu’en JPEG et n’ouvrent jamais Lightroom. Le boîtier fait le travail.

Phtographie de rue
Paris

En RAW, c’est un peu plus compliqué. Le capteur X-Trans utilisé par Fujifilm a une structure de pixels différente des capteurs Bayer classiques. Résultat : certains logiciels comme Lightroom interprètent mal le RAW Fuji, avec un rendu un peu pâteux dans les détails fins ou les textures comme l’herbe et les cheveux. Capture One gère beaucoup mieux les fichiers X-Trans. Le RAW Fujifilm a une bonne dynamique, pas au niveau de Sony mais largement suffisante. Mais la vraie question c’est : pourquoi shooter en RAW avec Fuji alors que le JPEG est déjà si bon ? Certains le font pour avoir plus de marge, mais la plupart des utilisateurs restent en JPEG, et ils ont raison.

LUMIX (Panasonic)

En JPEG, Lumix propose un rendu propre, assez neutre, sans caractère marqué. Les couleurs sont fidèles, les tons chair corrects mais pas particulièrement flatteurs. Le profil « Standard » est sage, le profil « Vivid » ajoute de la saturation de façon mesurée. On est dans du fonctionnel et fiable. Le mode « L.Classic Neo » sur les boîtiers récents comme le S5 II apporte un peu plus de personnalité avec un look légèrement rétro. Mais dans l’ensemble, le JPEG Lumix ne provoque pas le même effet « waouh » que Fujifilm ou Canon. C’est un bon point de départ, sans plus.

En RAW, Lumix se défend très bien, surtout sur les boîtiers plein format de la série S. Le capteur du S5 II offre une excellente dynamique avec des ombres qui remontent proprement. Les fichiers sont souples et se prêtent bien au post-traitement. Là où Lumix brille vraiment, c’est en vidéo. Le V-Log et le V-Log L offrent une plage dynamique énorme pour l’étalonnage couleur dans DaVinci Resolve. Les fichiers sont neutres, plats, pensés pour être travaillés. En photo RAW pure, Lumix n’a rien à envier à Sony ou Nikon sur la qualité du fichier. Ce qui lui manque, c’est juste cette signature couleur forte que les autres marques ont su construire au fil des années.

Si vous détestez passer du temps devant un écran à retoucher, prenez Canon ou Fujifilm. Le JPEG fait le boulot et il le fait bien.

Si vous adorez le post-traitement et que vous voulez presser chaque goutte de qualité de vos fichiers, Sony et Nikon en RAW vous donneront le plus de marge de manœuvre.

Si vous faites autant de vidéo que de photo, Lumix avec son V-Log et ses fichiers RAW souples est un choix malin, surtout dans DaVinci Resolve où le workflow est très fluide.

Et dans tous les cas, rappelez-vous d’un truc : la couleur parfaite n’existe pas. Il y a juste celle qui vous plaît à vous. Testez, comparez, et faites confiance à votre œil.

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